Gaëlle DELAUNAY (ESEP) : La céramique couronnienne des Fabrys à Bonnieux (Vaucluse). Précisions sur la typologie du Couronnien dans sa zone d'extension septentrionale. Eléments de réflexion pour la compréhension des relations entre Couronnien et Rhône-Ouvèze et précisions chronologiques.

Dans son ensemble, le Luberon appartient à la zone septentrionale d'extension du Couronnien, groupe culturel du Néolithique final reconnu en Provence depuis les Alpilles à l'ouest jusqu'à la région de Saint-Tropez à l'est. Cependant, de nombreux indices évoquent des influences occidentales que l'on peut interpréter soit comme des phénomènes de contacts et d'échanges avec les groupes du Ferrière ou du Fontbouisse en Languedoc soit comme l'influence ou la présence d'un groupe culturel local particulier ayant intégré des aspects typologiques de ces faciès languedociens (Fraischamp, Rhône-Ouvèze), groupes principalement reconnus en marge du Luberon, sensiblement vers le Nord-Ouest. Au travers de l'étude comparative de la céramique de deux sites majeurs, la Brémonde à Buoux et les Fabrys à Bonnieux, nous préciserons la caractérisation du Couronnien sur le versant nord du Luberon et sa plaine. Nous tenterons par ailleurs d'analyser l'impact culturel des groupes voisins sur la morpho-typologie des séries. Les questions de phasage interne du Couronnien et de chronologie seront également abordées//Situé dans la plaine du Calavon dans le Luberon, le site des Fabrys est connu depuis le début du siècle dernier. Une fouille de sauvetage réalisé par P. Bretagne et A. D'Anna et en 1988 a permis de mettre en évidence sur ce site une occupation du Néolithique final attribuable au Couronnien. Cependant des affinités avec les groupes culturels voisins ont été observées sur la céramique, chose courante dans le Luberon, où des phénomènes de frontières avec le Fraischamp et le Rhône-Ouvèze sont reconnus, ainsi que l'influence vers l'est du Ferrières et du Fontbouisse languedociens. Après avoir décrit les principales caractéristiques de la céramique couronnienne des Fabrys, nous la replacerons dans le contexte du Néolithique final en Provence et Languedoc. Ces comparaisons permettront d'exposer ses ressemblances et ses particularités avec d'autres sites couronniens et d'ouvrir le débat, d'une part, autour des questions relatives aux affinités typologiques avec les groupes voisins, d'autre part, autour des questions de chronologie.