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Pour citer cet article :
CAMPOLO S., Découverte récente d'un dépôt de bronzes de l'âge du Bronze final à Savines (Hautes-Alpes), Espaces, techniques et sociétés de la Préhistoire au Moyen-Age : travaux en cours, Actes de la première table ronde des jeunes chercheurs en archéologie de la MMSH, Aix-en-Provence, 18 mai 2006, A. Coudenneau et T. Lachenal (dir.), http://www.mmsh.univ-aix.fr/ecoledoctorale/trjca/acampolo.htm

 

 

 

Découverte récente d'un dépôt de bronzes de l'âge du Bronze final à Savines (Hautes-Alpes)

Sylviane CAMPOLO*

*Doctorante ; Economies, Sociétés, Environnements Préhistoriques.

Mots-clés : Dépôt, âge du Bronze final, bronzes, épingle, torque, bracelet, applique de ceinture, Hautes-Alpes.

 

1. Historique de la découverte  :

Un ensemble de trente deux objets de parure (neuf pièces entières et vingt trois fragments) ont été mis au jour fortuitement par un promeneur en octobre 2003 à 3 kilomètres du nouveau village de Savines (Hautes-Alpes) et à 740 m d'altitude.

 

2. Présentation du lot d'objets  :


Figure 1 : Totalité des pièces du dépôt de Savines - Photo Loïc Damelet.

Le lot d'objets recueillis se compose essentiellement de parures représentant 1083 grammes de bronze. Les objets étaient entreposés avec soin au centre d'un agencement de pierres de forme circulaire à une profondeur de 30 cm environ. Certaines pièces sont intactes, d'autres ont été volontairement ou involontairement tordues, brisées, fondues. Les objets sont répartis en cinq ensembles différents : neuf fragments d'épingles, deux anneaux et un fragment d'anneau, trois fragments de torques, une applique à bélière, sept bracelets ouverts et neuf fragments de bracelets ouverts (Fig. 1). En voici l'énumération avec leurs dimensions principales :

 


Figure 2 : épingle à tête évasée n° 1-2.

1. Epingle à tête évasée (fragment) (d'après la typologie d'Audouze, Gaucher 1981) de section rectangulaire sous la tête et de section circulaire sur le reste de la tige. La tête non décorée est constituée d'un disque ovalisé plat et lisse perpendiculaire à la tige et présente une oxydation importante. Le col se détache de la tête et du reste de la tige par sa longueur (85 mm) et sa décoration. Le décor est composé de cinq groupes de stries horizontales entre lesquelles quatre groupes d'incisions obliques d'inclinaisons opposées s'intercalent. Enfin, dix huit incisions concentriques incisées suivies de trois collerettes non décorées, non mobiles solidaires sont situées à 81 mm de la tête. Les collerettes sont superposées et distantes entre elles de 3,73 à 3,87 mm de large environ. Le reste de la tige n'est pas décoré. Le diamètre de la tête est de 32,4 mm ; celui de la tige est de 7,10 mm ; les collerettes ont un diamètre variant de 8,90 à 9,09 et son poids est de 37,2 gr.

2. Fragment de tige d'épingle non décoré à section circulaire. La pointe présente un bout effilé et biseauté. Ce fragment doit être rapproché du fragment d'épingle n° 1 (même diamètre tige, même patine, mêmes défauts de coulée). Nous sommes donc en présence d'une épingle longue de 285,5 mm. Le poids est de 15 gr.

3. Epingle à tête évasée (fragment) dont la tige est de section circulaire. Elle est composée d'une tête en forme de disque et d'une tige cassée. La partie supérieure de la tête est surmontée d'un petit bouton central entouré de quatre nervures concentriques. La tige est décorée de quarante deux sillons concentriques incisés qui se referment avec précision. Le diamètre maximum de la tige est de 7,09 mm ; celui de la tête est de 26,40 mm. Le poids est de 15,9 gr.

4. Tige d'épingle (fragment) de section circulaire. Le décor usé, est très peu lisible, il semblerait qu'il soit composé de sillons concentriques incisés. Nous constatons un début de chauffe dans la partie inférieure (partie la plus fine). Cette tige a subi une torsion sinueuse dans sa partie supérieure et inférieure. Cette déformation s'est produite par une chauffe du métal. Le diamètre maximum de la tige est de 5,44 mm. Le poids est de 15,1 gr.


Figure 3 : épingle à tête évasée en grand disque n° 6.

5. Tige d'épingle (fragment) de section circulaire. Le décor est peu lisible à cause de l'usure importante, il semblerait qu'il soit composé de sillons concentriques. Des déformations par l'action de la chaleur sur l'extrémité inférieure sont visibles. Le diamètre maximum de la tige est de 4,95 mm. Le poids est de 3,1 gr.

6. Epingle à tête évasée en grand disque (fragment) de section circulaire. Elle est composée d'une tête en forme de disque et d'un très petit fragment de tige. La tête est plate et surmontée d'un bouton central entouré de quatre nervures concentriques. Le fragment de col est décoré de onze stries circulaires peu visibles. Le diamètre maximum de la tige est de 8,80 mm. Le poids est de 13,4 gr.

7. Tige d'épingle à renflement fortement nervuré à collerettes solidaires à section circulaire, de même type que l'épingle n° 1 (fragment). Ce fragment a un col décoré de neuf sillons concentriques suivi de trois collerettes qui sont solidaires de la tige et séparées entre elles par des espaces vierges de 5 mm de large. Le reste de la tige n'est pas décoré. Les collerettes présentent des traces d'usure de frottement et une des collerettes est légèrement cassée. La torsion de la tige d'épingle a entraîné une fissure située au niveau de la déformation. Le diamètre maximum de cette dernière est de 6,08 mm et le poids est de 10,3 gr.


Figure 4 : tige d'épingle à colerette n°7.

8. Tige d'épingle (fragment) à renflement fortement nervuré à collerette solidaire de la tige, décorée de quatre vingt sillons concentriques incisés. Le diamètre maximum de la tige est de 6,09 mm et le poids est de 12,4 gr.

9. Tige d'épingle (fragment) de section circulaire décorée. Le décor est composé de cinquante sept sillons concentriques. L'extrémité inférieure de la tige (par rapport à notre dessin) a été déformée par l'action de la chaleur ce qui a entraîné la fonte du métal. Le diamètre maximum de la tige est de 6,03 mm et le poids est de 9,7 gr.

10. Anneau fermé de section triangulaire, portant le décor suivant : une série des petites hachures verticales sur la face externe de l'anneau limitées par deux lignes horizontales situées à 1,5 mm de chaque bord. Le diamètre extérieur est de 25,53 mm, le diamètre intérieur est de 21,10 mm, l'épaisseur varie de 1,88 à 2,64 mm. Le poids est de 3,8 gr.

11. Anneau fermé décoré de section triangulaire, dont le décor très usé est identique à celui de l'anneau n° 10. Le diamètre extérieur présumé est de 27 mm, le diamètre intérieur présumé est de 23 mm, l'épaisseur varie de 1,48 à 2,06 mm. Le poids est de 0,8 gr.

 


Figure 5 : anneau fermé n° 10.

12. Anneau fermé de section triangulaire, non décoré. Cet anneau a été moulé à plat et porte une soudure très visible sur les faces externe et interne. L'assemblage des deux extrémités de l'anneau a été exécuté par voie thermique et probablement par « soudure tendre » à l'aide d'un métal d'apport plus fusible que celui des pièces à assembler. La couleur gris métallisé de ce métal d'apport, suggère une soudure à l'étain (l'étain fond à 232°). Cette soudure « ou brasure » à l'étain dépasse des parties à assembler ; ceci s'explique techniquement par le fait que l'étain a une adhérence très faible. Le polissage de cet anneau est très succinct car le polissage de l'étain encrasse les limes.

Cet anneau est précieux pour notre connaissance des techniques d'assemblage thermiques de l'âge du Bronze. De plus, étant bien daté du Bronze final IIa par association avec l'applique en bronze n° 16 figurant dans le dépôt, il vieillit l'apparition de la soudure à l'étain. En effet, selon Déchelette (1924, t. II, 187), « pendant toute la durée de l'âge du Bronze l'art de souder demeura inconnu des métallurgistes ou tout au moins trop imparfait pour être d'un usage courant » ; selon M. Pernot (1998, 111) : « l'usage de procédés thermiques, tels que la brasure et la soudure, n'est pas établi pour la période de l'âge du Bronze ». Le diamètre extérieur est de 17,44 mm, le diamètre intérieur est de 16 mm, l'épaisseur varie de 0,97 à 1,48 mm. Le poids est de 1,7 gr.


Figure 6 : anneau soudé n° 12 - Photo Loïc Damelet

 


Figure 7 : torque lisse non décoré n° 13.

13. Torque lisse non décoré (fragment) dont la tige d'un diamètre de 7,06 mm est de section circulaire. Les deux extrémités ont subit un début de chauffe. La chauffe a été plus importante sur une des deux extrémités ce qui a entraîné une excroissance excessive du métal. Il s'agit peut-être d'un torque lisse à bouts effilés ou à crochets de petite dimension (environ 135 mm de diamètre), avec une petite ouverture de l'ordre de 35 mm. Le poids est de 30,3 gr.

14. Torque   lisse non décoré (fragment) dont la tige d'un diamètre de 7,30 mm est de section circulaire. Deux petits ourlets visibles à chaque extrémité semblent indiquer que l'objet a été sectionné peut-être à l'aide d'un burin et d'un marteau. Le poids est de 14,7 gr.

15. Torque lisse non décoré (fragment) dont la tige massive de 8,60 mm de diamètre est de section ovalaire. Ce fragment est plus épais que les fragments n° 13-14 et la section est différente. Cet objet est cassé à chaque extrémité sans ourlet (cassures accidentelles ?). Le poids est de 40,7 gr.

16. Applique ovale ou crochet de ceinture (fragment) avec téton central et bélière, munie d'un appendice rectangulaire cassé appelé languette, moulée, non décorée de 56,96 mm de longueur. Il manque un crochet recourbé (griffe) qui terminait l'appendice (partie distale). La cassure de 8 mm de large sur la partie proximale de l'applique suggère aussi la présence d'une autre petite griffe qui est cassée. La bélière soudée au dos de l'applique, est de forme semi-circulaire percée d'un orifice. Cette applique semble être étroitement associée aux deux anneaux fermés du dépôt (n° 10 et 11) qui présentent des traces d'usure de frottement dues probablement à leur fixation de part et d'autre de l'applique à l'aide des deux crochets aujourd'hui disparus. Ces anneaux permettaient le passage de liens en cuir afin de fermer la ceinture. Le poids est de 10,6 gr.


Figure 8 : applique ovale n°16.

 


Figure 9 : bracelet ouvert n° 17.

17. Bracelet ouvert entier dont la tige est de section triangulaire. Le jonc plein et décoré est dépourvu de tampon. Sur sa face externe, la décoration est composée d'un panneau central et de deux panneaux latéraux. Le panneau central comporte deux arceaux emboîtés convergents hachurés séparés entre eux par trois bandes d'incisions parallèles transversales groupées par quatre qui encadrent deux bandes verticales garnies d'incisions en arêtes de poissons. Ce panneau central est encadré de part et d'autre par trois bandes d'incisions transversales groupées par trois qui encadrent deux bandes verticales garnies d'incisions en arêtes de poissons. De chaque côté du panneau central le décor est symétrique : il est composé de deux arceaux emboîtés convergents hachurés séparés entre eux par des lignes incisées transversales groupées par quatre ou cinq. Enfin, deux groupes d'incisions transversales groupées par douze ou treize marquent les extrémités du jonc. Un décor de bordure constitué d'un filet hachuré est encore visible sur chaque bord du bracelet malgré son usure importante. Le grand diamètre extérieur est de 83 mm, son grand diamètre intérieur est de 72 mm. Son épaisseur maximum est de 5,22 mm et son poids est de 70,3 gr.

18. Bracelet ouvert entier dont la tige est à section en D. Le jonc plein et décoré est dépourvu de tampon. L'ornementation est organisée symétriquement en partant d'un panneau central composé de vingt sept groupes de trois incisions fines et serrées formant chevrons emboîtés par le sommet, séparés entre eux par des plages vierges de 3 mm de large. Ce panneau central est encadré de part et d'autre par des incisions parallèles transversales groupées par cinq qui entourent des petits zigzags suivies de traits incisés parallèles transversaux groupés par quatre et séparés entre eux par des plages vierges de 3 mm de large. Enfin, deux groupes de vingt et une à vingt deux lignes incisées parallèles transversales marquent chaque extrémité du bracelet. Il n'y a pas de ligne de bordure visible. Le grand diamètre extérieur est de 81,10 mm et son grand diamètre intérieur est de 71 mm. Son épaisseur maximum est de 5,80 mm et son poids est de 88,9 gr.

19. Bracelet ouvert entier dont la tige est de section triangulaire. Le jonc plein décoré, est dépourvu de tampon. Le décor s'organise symétriquement autour du panneau central qui est constitué de onze triangles garnis de hachures obliques groupées par huit ou quatorze incisions qui s'opposent d'un bord à l'autre et séparés horizontalement par une nervure longitudinale médiane hachurée. Ce motif est encadré de part et d'autre d'incisions parallèles transversales groupées par six ou sept, suivies d'une plage vierge de 14 mm à 21 mm de large ; enfin, deux groupes de traits incisés parallèles transversaux groupés par douze ou quinze, marquent les extrémités. Une des extrémités est pointue, l'autre est arrondie. Le grand diamètre extérieur est de 78,10 mm, son grand diamètre intérieur est de 68 mm. Son épaisseur maximum est de 4,80 mm et son poids est de 62,1 gr.

20. Bracelet ouvert entier de section losangique. Le jonc plein, décoré, est dépourvu de tampon. Le décor est composé d'un panneau central constitué de cinq arceaux convergents vierges encadrés horizontalement d'un bord à l'autre de demi-arceaux divergents hachurés et séparés entre eux par six groupes d'incisions transversales groupées par quatre (filets) ; enfin, des incisions parallèles transversales groupées par quinze ou dix huit décorent les extrémités du jonc. Le grand diamètre extérieur est de 85 mm, son grand diamètre intérieur est de 69 mm. Son épaisseur maximum est de 8,40 mm et son poids est de 85,2 gr.

21. Bracelet ouvert entier de section losangique. Le jonc, décoré, est dépourvu de tampon. Le décor est composé d'un panneau central constitué de quatre larges arcs divergents hachurés qui s'opposent deux par deux, séparés entre eux par un groupe de huit incisions parallèles transversales. Le décor latéral n'est pas identique  de part et d'autre du panneau central : deux larges arcs divergents hachurés encadrés par sept lignes incisées parallèles transversales constituent une partie du décor latéral ; l'autre partie est constituée de deux moitiés d'arceaux divergents hachurés ; enfin, des traits incisés parallèles transversaux groupés par quatre ou sept marquent les extrémités du bracelet. Les deux extrémités sont de largeurs différentes (6 mm de large pour une et 16 mm de large pour l'autre). Les motifs curvilignes ne sont pas réguliers nous doutons qu'ils aient été effectués à l'aide d'un « compas » à cause de leur irrégularité ; ils sembleraient avoir été effectués à « main levée » . Le décor très irrégulier semble ne pas avoir été préconçu à l'avance avant la percussion, il paraît être improvisé. Cette irrégularité ne se retrouve pas seulement dans la technique d'exécution du décor mais aussi sur le moule employé lui-même, car les deux extrémités du bracelet sont de largeur différente (improvisation ou volonté esthétique ?). Le grand diamètre extérieur est de 77 mm, son grand diamètre intérieur est de 63 mm. Son épaisseur maximum est de 8,25 mm et son poids est de 80,9 gr.


Figure 10 : bracelet ouvert n° 22.

22. Bracelet ouvert entier, massif, ouvert en large ruban, à section en W du type XCVIII-CVIII de la typologie de Von Elès (1968, 201). Le jonc, décoré, est dépourvu de tampon. Le décor plastique, moulé est fait de cannelures (en creux) et de torsades (en relief). Il est composé de torsades obliques ornées de fines incisions horizontales très régulières, séparées entre elles par des plages lisses de 4 mm de large ; des lignes incisées transversales groupées par treize d'un côté et dix neuf de l'autre décorent les extrémités du bracelet. Le grand diamètre extérieur est de 109 mm, son grand diamètre intérieur est de 99 mm. Son épaisseur maximum est de 5,50 mm et son poids est de 77,4 gr.

23. Bracelet ouvert entier, à section losangique. Le jonc plein se termine par de très légers tampons. Le décor est constitué de lignes incisées transversales qui sont presque effacées. L'usure très importante du décor rend sa lecture très difficile. Une des extrémités du jonc est repliée partiellement vers l'intérieur du bracelet. Le grand diamètre extérieur est de 79 mm, son grand diamètre intérieur est de 67 mm. Son épaisseur maximum est de 7 mm et son poids est de 59,5 gr.

24-25. Bracelet ouvert (en deux fragments) . Ce bracelet en deux fragments (diamètre extérieur maximum : 87 mm), est identique par la forme et le décor au n° 18 une largeur et une épaisseur semblables, seul le poids diffère. Le grand diamètre extérieur est de 87 mm, son grand diamètre intérieur est de 79 mm. Son épaisseur maximum est de 6,46 mm et son poids est de 105,4 gr.

26-27. Bracelet ouvert (en deux fragments) à section en W. Il est identique par la morphologie et la technique de décoration au bracelet n° 22. Le grand diamètre extérieur est de 80 mm, son grand diamètre intérieur est de 70 mm. Son épaisseur maximum est de 5,80 mm et son poids est de 72,2 gr.

28-29. Bracelet ouvert en deux fragments, à section losangique. Le jonc est décoré et dépourvu de tampon. Le décor est peu lisible car il très usé ; il est composé d'un seul panneau constitué de traits transversaux incisés groupés par six et séparés entre eux par des plages vierges de 4 mm de large ; vingt incisions transversales bordent les extrémités du bracelet. Le grand diamètre extérieur est de 73 mm, son grand diamètre intérieur est de 56 mm. Son épaisseur maximum est de 8,87 mm et son poids est de 74,9 gr.

30-32. Bracelet ouvert en trois fragments ouvert, à section en D. Le jonc est décoré et dépourvu de tampon. Le décor est presque totalement effacé, à cause d'une usure très importante mais laisse apparaître très succinctement un arceau convergent simple et des lignes incisées transversales. Le décor est peut-être identique au bracelet n° 20. Deux fragments d'extrémités sont absents du dépôt. Nous constatons une torsion positive du bracelet qui engendre une accentuation de la courbure du bracelet. Cette déformation semble volontaire. Les cassures ont été faites à deux endroits inattendus, elles ne se situent pas au niveau de la déformation. Le grand diamètre extérieur est de 67 mm, son grand diamètre intérieur est de 59 mm. Son épaisseur maximum est de 6,97 mm et son poids est de 72,2 gr.

 

3. Affinités culturelle et géographique  :

•  L'épingle à collerettes (n° 1-2) : les épingles à collerettes sont nombreuses en Languedoc Oriental, dans le Rhône Moyen, la Saône, le Jura, en Bavière et en Italie. Ce type d'épingle se retrouve aussi dans les Alpes-Maritimes (dépôt de Clans) et dans les Hautes-Alpes (Reventin-Poype). Toutefois, l'épingle de Savines se distingue de ses homologues de l'âge du Bronze par sa tête évasée non décorée, un col très long décoré suivi d'un renflement matérialisé par trois collerettes non mobiles. Cette épingle originale pourrait être une production locale ;

•  Les anneaux fermés (n° 10-11)  : ce type d'anneau se retrouve souvent associé à des appliques identiques à l'applique n° 16 dans de nombreux sites  : dépôt de Petit-Villatte, Neuvy-sur-Barangeon (Cher) (Audouze 1974, 241, n° 11), dans la tombe à incinération de Vuadens-Le-Briez (Suisse) (Bronze final I) (David-Elbiali 2000, 257, Ill. 128, n° 2) et dans certains dépôts et tombes d'Allemagne (Müller-Karpe 1959, Tafel 148 ; Tafel 182-184 ; Tafel 186-188 ; Tafel 198). Nous notons également que ce type d'anneau figure en très grandes quantités dans des contextes de dépôts de bronze du Bronze final III dans les Hautes-Alpes. Ils sont souvent associés à des rubans de liaison pour former des chaînes de ceinture (ex : parure de la Loubière, Bénévent-en-Champsaur, Hautes-Alpes (Courtois 1960, pp. 77-89) ; parure de Réallon, Les Truquets, Hautes-Alpes) (Courtois 1960, pp. 89-101). Un anneau rond au décor identique aux anneaux n° 10-11 de Savines, a été découvert dans l'aven des Fourches I à Sault (Vaucluse) dans un contexte sépulcral (Bronze final II) ;

•  L'anneau fermé (n° 12) : il n'existe pas à notre connaissance de pièce similaire pour l'âge du Bronze. Les exemples de soudure ou de brasure sont rares à l'âge du Bronze. Néanmoins, J. Combier (1961, 304-305, fig. 4) signale la présence d'une soudure de la bélière du disque en bronze daté du Bronze final III, découvert à Guillestre, lieu-dit Pigier (Hautes-Alpes), tandis que P. de Goy (1885, 61) a cru reconnaître une sorte de soudure autogène sur une pièce datée du Bronze final III, du Dépôt de Petit-Villatte à Neuvy-sur-Barangeon (Cher) »  (Déchelette 1924, 187). Un autre exemple de soudure est donné par une épée du dépôt de Vénat (Charente) (Bronze final III) (Coffyn et al. 1981, 31, pl. 4, n° 2). Enfin, Roman (1879, 404, n° 51), a remarqué qu'un des anneaux du dépôt de Veynes, Quartier Glaisette (Hautes-Alpes), était soudé avec une goutte d'étain  ;

•  Les torques lisses (n° 13-15) : les torques à extrémité indifférenciées sont abondants dès le Bronze final en Allemagne Centrale avec souvent des décors plastiques moulés (Eluère, Gomez , 101) . Les torques à extrémités à spirales sont connus du Chalcolithique au Bronze ancien. Ils sont répandus en Europe Centrale en dépôt de bronzes, mais aussi en milieu funéraire (cimetière à tombes plates de Singen en Pays de Bade). En France, la plupart des objets de ce type se concentre dans le Nord-Est du pays et sont datés du Bronze ancien (Eluère, Gomez 109). Néanmoins, certains exemplaires de torques à extrémités à spirales trouvés dans les Hautes-Alpes sont datés du Bronze final : la parure de la Loubière, Bénévent-en-Champsaur (Hautes-Alpes) (Bronze final IIIb) (trois cent trente cinq pièces en bronze), a livré dix torques (quatre torques lisses à décors incisés, un torque lisse avec serpentins et cinq torques torsadés à extrémités à spirales) ; la parure de Réallon, lieu-dit les Truquets (Hautes-Alpes) (Bronze final IIIb) (deux cent soixante cinq pièces en bronze), contenait vingt et un torques à extrémités à spirales ;

•  L'applique de ceinturon  (n° 16) : ce type de crochet est abondamment répandu en Suisse, en Allemagne du Sud et en Autriche, surtout dans le Tyrol et est daté du Bronze final IIa. Des exemplaires bien datés de cette époque figurent en outre, dans le mobilier de la tombe d'Orpund-Kiesablegerungen (Suisse) (Bronze final IIa) (David-Elbiali 2000, 257) et à Obernai (Savoie) (Schnitzler 1994) ;

•  Les bracelets  (n° 17-32) : le bracelet n° 17, peut être comparé aux bracelets de type Canegrate découverts essentiellement en Lombardie, dans le Tessin et dans le dépôt de Larnaud (Rittatore-Vonwiller 1953-1954, pp. 7-43 ; Rittatore-Vonwiller 1956-1957, pp. 21-35). Le bracelet n° 19 possède une décor de triangles hachurés, typique de la civilisation Rhodanienne à l'âge du Bronze et surtout au Bronze final. L'ensemble des autres bracelets présente des affinités avec des exemplaires découverts dans les Hautes-Alpes, le Gard, le Jura, le Tarn et l'Hérault.

Ce dépôt est constitué de pièces de fabrication régionale (épingle à collerettes, tiges, anneaux, bracelets n° 18-32) et d'objets qui sont le témoignage de mélanges culturels résultant d'influences variées venant du Sud-Est (Italie du Nord) (bracelet n° 17) et de l'Est (Bavière) (applique n° 16). Ces influences sont probablement le résultat de la position géographique privilégiée des Hautes-Alpes qui a fait de cette région une des principales voies de communication qui relient les Vallées du Rhône et du Pô par l'intermédiaire du massif alpin durant toute la protohistoire. Ainsi, la route reliant la Provence et le Nord de l'Italie par le Col de Mont-Genèvre et le Col de Larche fait de la Durance l'un des points de passage essentiels des Alpes Occidentales. Une autre route reliait vers l'Est, Gap à Valence par Veynes (Hautes-Alpes) et le Col de Cabre qui permet la communication entre les vallées du Buëch et de la Drôme. D'ailleurs, quelques trouvailles isolées d'objets en bronze témoignent de cette dynamique : une hache spatule datée du Bronze ancien (conservée au Musée de Gap) et une hache à douille rectangulaire et trapue de type « atlantique » à anneau à 3 bourrelets datée du Bronze final (conservée à l'Institut de Paléontologie Humaine à Paris) ont été découverts au Col de Cabre ; un dépôt du Bronze final IIIb qui contenait cinq boutons à bélière ou « phalères », trois pendeloques et cinq anneaux a été mis au jour à Veynes, Quartier de Glaisette en 1877 ainsi qu'une sépulture parée de quarante et une armilles aux avant-bras datée du 1 er âge du Fer.

 

4. Comparaison avec les dépôts des Hautes-Alpes  :

La plupart des objets en bronze découverts dans les dépôts sont datés du Bronze final III. La cachette des Taburles à Avançon (canton de la Batie-Neuve) qui contenait neufs objets en bronze (cinq haches à faibles rebords du type « Neyruz » et quatre poignards triangulaires à manche métallique de type Rhodanien) fait exception puisqu'elle est datée du Bronze ancien. Le dépôt de St-André-de-Rosans, lieu-dit les Esplans (fin BM/BF I) contenait sept bracelets ouverts.

Tous les autres dépôts sont datés du Bronze final. Le dépôt de la Fare en Champsaur, lieu-dit Le Bois Vert (BF) contenait des objets neufs (plusieurs boutons, des bracelets, des chaînettes, des couteaux, des faucilles, des haches à douilles, des pendeloques et des torques) ; le dépôt de Lazer (BF) était constitué de vingt cinq pièces (deux anneaux, trois appliques, quinze appliques circulaires à bélière, deux phalères et trois tubes en tôle) ; le dépôt de Casse Rousse (Villar-d'Arène) (BF II/BF IIIB), quant à lui contenait soixante huit pièces et plusieurs anneaux ; le dépôt de Saint-Génis (BF III) était constitué de trois outils (un couteau à dos ondulé et virole et deux couteaux à soie à dos arqué) ; le dépôt de Savournon, Jubéo-le-Pas (BF III), contenait un ciseau à douille et huit faucilles à talon ; le dépôt de Veynes, Quartier Glaisette (BF III), était constitué de treize objets de parure ; le dépôt Le Bersac, lieu-dit Chanteluc (BF III) contenait six objets (un couteau à soie, deux faucilles à bouton, une hache de type inconnu et une pendeloque) ; le dépôt de Guillestre, lieu-dit Pigier (BF III), était composé d'une ceinture à pendeloques, d'un bracelet et d'un umbo ; le dépôt de Champ-Colombe 1 à Réallon (BF III) contenait quatre cent cinquante neufs pièces de parure et deux outils (un couteau et un burin) ; le dépôt de Champ-Colombe II à Réallon (BF III) contenait plusieurs anneaux, plusieurs fibules et plusieurs vases perçés en métal ; le dépôt des Truquets à Réallon (BF III) se compose de deux cent soixante cinq pièces de parure ; le dépôt de bronze de Ribiers, lieu-dit Vallon de Claret (âge du Bronze indéterminé) contenait cent vingt deux objets en bronze ; la parure de la Loubière, Bénévent-en-Champsaur (BF IIIb) se compose de trois cent trente cinq pièces  (dix torques, un bracelet serpentin ou collier, trente quatre anneaux, une pièce formée de deux anneaux joints, trois anneaux reliés par ruban, une chaîne, deux boucles rectangulaires, cinq petites feuilles plates, trois rouelles, soixante quinze boutons, une épingle, un rasoir, un bracelet, deux bagues, un phalère et une ceinture formée de cent soixante seize pièces dont quatre vingt treize pendeloques) ; le dépôt de l'Epine, lieu-dit Areste-Longue (BF III/IIIb) était constitué de trois dépôts découverts successivement en 1900, 1909 et 1949 : le dépôt n° 1 contenait trois objets (une hache à ailerons terminaux, une pointe de lance et une lame de poignard ; le dépôt n° 2 était composé de quatre bracelets ouverts à tampons, plats à décors géométriques ; le dépôt n° 3 contenait trente objets (dix bracelets, trois ciseaux à douille, une faucille à bouton, trois pendeloques et dix rouelles ; le dépôt de Saint-Véran (BF IIIb ou début 1 er âge du Fer) : une hache à ailerons terminaux et bélière centrale, trois torques torsadés et un torque lisse.

Le tableau ci-dessous permet de connaître la répartition des objets par classe à l'intérieur de chaque dépôt (en %).

Dépôts

Armes (en %)

Outils (en %)

Parures (en %)

Harnachement (en %)

Divers (en %)

TOTAL

AVANCON (Les Taburles) (BA)

44,44

55,56

0,00

0,00

0,00

100,00

BENEVENT-ET-CHARBILLAC (La Loubière) (BF IIIb)

0,00

0,30

98,21

0,00

1,49

100,00

LE BERSAC (Chanteluc) (BF III)

0,00

66,67

33,33

0,00

0,00

100,00

L'EPINE (Areste-Longue) (dépôt 1) (1900) (BF III)

66,67

33,33

0,00

0,00

0,00

100,00

L'EPINE (Areste-Longue) (dépôt 2) (1909) (BF III)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

L'EPINE (Areste-Longue) (dépôt 3) (1949) (BF III)

0,00

13,33

86,67

0,00

0,00

100,00

GUILLESTRE (Pigier) (BF III)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

LAZER (BF IIIb)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

REALLON (Champs-Colombe I) (BF IIIb)

0,43

0,87

96,75

0,22

1,74

100,00

REALLON (Les Truquets) (BF IIIb)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

RIBIERS (Vallon de Claret) (BF)

0,74

15,56

82,96

0,00

0,74

100,00

ST-ANDRE-DE-ROSANS (Esplans) (BF I)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

SAINT-GENIS (BF IIIb)

0,00

100,00

0,00

0,00

0,00

100,00

SAINT-VERAN (BF IIIb)

0,00

20,00

80,00

0,00

0,00

100,00

SAVINES (BF III/Fer)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

SAVOURNON (Jubéo-le-Pas) (BF III)

0,00

100,00

0,00

0,00

0,00

100,00

VEYNES (Quartier de la Glaisette) (BF III)

0,00

0,00

100,00

0,00

0,00

100,00

VILLAR-D'ARENE (Casse Rousse) (BF II/IIIb)

8,82

38,24

52,94

0,00

0,00

100,00

Comme on peut le voir ci-dessus, deux dépôts sur les dix huit figurant dans ce tableau contiennent exclusivement des outils (le dépôt de Saint-Genis et de Jubéo-le-Pas à Savournon) ; deux dépôts contiennent des armes et des outils (le dépôt Les Taburles à Avançon, et le dépôt n° 1 d'Areste-Longue à l'Epine). Sept dépôts contiennent exclusivement des objets de parure (dépôt n° 2 d'Areste Longue à l'Epine ; Pigier à Guillestre ; Lazer ; d'Esplans à Saint-André-de-Rosans ; le dépôt du Quartier de la Glaisette à Veynes ; le dépôt Les Truquets à Réallon et le dépôt de Savines). Le dépôt de La Loubière à Bénévent-et-Charbillac, contient 98 % de parures, tandis que le dépôt de Champs-Colombe I à Réallon contient 96,75 % de parures. Les cinq derniers dépôts (Chanteluc, Le Bersac ; dépôt 3 Areste-Longue à l'Epine ; Vallon de Claret à Ribiers , Saint-Véran et Casse-Rousse à Villar d'Arène), contiennent des objets de parures accompagnés d'armes, d'outils et d'objets divers.

Les dépôts de la Fare en Champsaur (Le Bois Vert) et de Réallon (Champs-Colombe II) n'ont pas été inclus dans ce tableau en raison du manque de précision sur la nature et le nombre d'objets qu'ils contenaient.

 

5. Chronologie  :

L'analyse typologique de chaque objet du dépôt, nous a permis de constater que les objets n'appartiennent pas tous à la même tranche chronologique :

•  Les épingles et les tiges d'épingles n° 1 à 9 couvrent une plage chronologique étendue. En effet, elles apparaissent au Bronze moyen mais sont toujours utilisées au Bronze final III ;

•  Les anneaux n° 10-11 trouvent des parallèles régionalement dans le mobilier daté du Bronze final II de l'aven des Fourches I à Sault (Vaucluse) et dans les Hautes-Alpes dans des contextes Bronze final IIIb, mais aussi en Suisse et en Basse Bavière dans des sites datés du Bronze final II et II b ;

•  En revanche, l'anneau n° 12 n'a à ma connaissance aucun parallèle connu aussi bien par sa technique de moulage que par son mode d'assemblage thermique pour l'âge du Bronze. Certains auteurs signalent des soudures sur quelques objets de l'âge du bronze final III. Nous ne pouvons que dater approximativement cet objet de l'extrême fin du Bronze final III/transition 1 er âge du Fer ;

•  Les fragments de torques lisses n° 13 à 15 peuvent être datés du Bronze ancien ou du Bronze final III ;

•  L'applique n° 16 datée du Bronze final IIa et IIb, semble avoir été produite en Allemagne du Sud (Bavière) où ce modèle se concentre le plus (Müller-Karpe, 1959) ;

•  Par son mode de décoration le bracelet n° 17 rassemble les traits essentiels des modèles répandus en Lombardie et dans le Tessin au Bronze final et en particulier dans la nécropole de Canegrate (Rittatore-Vonwiller 1953-1954, pp. 7-43 ; Rittatore-Vonwiller 1956-1957, pp. 21-35). Toutefois, leur différence est notoire dans leur section qui est plano convexe ou en D à la différence de celui de Savines qui est triangulaire. Il s'agit peut-être d'un modèle importé d'Italie et reproduit dans les Hautes-Alpes (Savines) et le Jura (dépôt de Larnaud). Nous proposons donc une datation large allant du Bronze final I au Bronze final III ;

•  Les bracelets n° 22 et 26-27 au décor plastique semblent à première vue plus récents que les autres bracelets du dépôt. En effet, ils trouvent régionalement des références avec deux bracelets datés du 1 er âge du Fer découverts à Comblaï, Montbrand (Hautes-Alpes) et conservés au musée départemental de Gap (n° inventaire 988.080.1) (Von Elès 1968, pp. 83-84, n° 116, fig. 24, n° 5 ; Courtois 1976, 78 et fig. 3, n° 18, n° 26 ; Willaume 1991, 193, n° 128). Toutefois, la datation des bracelets de Comblaï est douteuse car le Musée de Gap « ne possède aucune précision sur la découverte de ces deux bracelets (Coll. Marchand) » (Willaume 1991, 193) ;

•  Les autres bracelets sont datés du Bronze moyen/final III.

L'ensemble des pièces en bronze du dépôt de Savines peut être rattaché au Bronze moyen et au Bronze final II et III  sauf deux bracelets (n° 22 et 26-27) qui sont traditionnellement datés du 1 er âge du Fer. En revanche, l'applique n° 16 donne un repère étroit, le Bronze final IIa, par référence aux sites bien datés d'Allemagne du Sud (Bavière). Au total, ce lot de bronzes semble devoir être classé au Bronze final IIa/III.

 

Conclusion  :

Le Bronze final II est une période chronologique difficile à individualiser dans les Hautes-Alpes par manque de découvertes. Lagrand (1968, 162) suggère un net ralentissement des échanges commerciaux pour expliquer la rareté des objets en bronze au Bronze final II. Actuellement, le dépôt de Savines (BF IIa) et le dépôt de Casse Rousse (Villar-d'Arène) (BF II/BF III) sont les seuls dépôts des Hautes-Alpes attribuables au Bronze final II d'où l'intérêt du dépôt de Savines pour notre connaissance de cette phase chronologique méconnue des Hautes-Alpes.

Dans l'état actuel de nos recherches, la nature de ce dépôt est inconnue et fait l'objet de plusieurs hypothèses. En effet, sa localisation dans un lieu retiré et dénué d'habitations mais proche de la Durance pourrait lui conférer une fonction votive liée à un culte. Toutefois, la présence d'objets déformés, brisés et partiellement fondus suggère d'autres fonctions : dépôt de fondeur ou dépôt sépulcral. Dans ce dernier cas, ce dépôt pourrait être l'équipement complet d'un individu de sexe masculin ou féminin. Des fouilles archéologiques ultérieures permettront d'établir le contexte et la fonction de cet ensemble**.

** En 2008, une fouille a permis de découvrir et d’étudier le contexte originel de cet ensemble d’objets. En effet, la découverte d’ossements d’adulte a permis d’établir qu’il s’agit d’une sépulture à incinération en coffre de dalles recouverte par un petit tertre de pierres et non d’un dépôt (Garcia et al., 2009, p. 48).


Bibliographie